Le morceau
Les Rhapsodies hongroises s'inspirent des airs que jouaient les orchestres tziganes de Hongrie, dans une forme libre faite d'épisodes contrastés. La sixième en enchaîne quatre : un Tempo giusto fier en ré bémol majeur, un Presto sautillant en do dièse majeur, un Andante en si bémol mineur, libre comme une improvisation, puis un Allegro en si bémol majeur qui finit en tourbillon. Deux notes de la transcription ont été corrigées lors de la relecture.
L'Allegro final est une étude d'octaves pour la main droite : 913 attaques en octave, rapides et légères. Il faut un poignet qui rebondit, un avant-bras détendu, et des pauses fréquentes pendant le travail pour éviter les tensions. La main gauche n'est pas en reste, avec des accords larges : 72 dépassent l'octave, jusqu'à 16 demi-tons. Dans l'Andante, la difficulté change de nature : les passages a piacere demandent de la liberté rythmique, et les traits notés veloce une lecture précise avant toute accélération. La pièce couvre presque tout le clavier, d'un do dièse grave jusqu'au sol aigu, et ses 367 notes répétées se jouent en alternant les doigts.