Le morceau
Les trois Liebesträume sont à l'origine des mélodies pour voix et piano, que Liszt a lui-même adaptées pour piano seul et publiées en 1850. Le troisième vient d'un chant sur un poème de Ferdinand Freiligrath, « O lieb, so lang du lieben kannst ». La mélodie apparaît d'abord au milieu du clavier, entourée d'arpèges ; elle revient plus ardente en si majeur, puis en do majeur, avant un dernier retour apaisé en la bémol. Deux cadences en traits rapides ponctuent le parcours. Quatre notes ont été corrigées ici d'après l'édition Kistner.
Au début, le chant est partagé entre les pouces des deux mains, au cœur des arpèges : il doit sonner plus fort que tout ce qui l'entoure, comme une voix de ténor. La main gauche couvre ensuite des arpèges larges, jusqu'à 17 demi-tons pour un seul accord, à cinq notes par seconde : garde le poignet souple et prépare chaque extension à l'avance. L'étendue, d'un la bémol grave jusqu'au sol aigu, et les quatre bémols, auxquels les modulations ajoutent de nombreuses altérations, demandent une lecture soignée. Dans les cadences, ne cherche pas la vitesse : vise des traits égaux et légers.