Le morceau
Chopin avait dix-neuf ans environ quand il a écrit cette valse, qu’il n’a pas publiée. Son ami Julian Fontana l’a fait paraître en 1855 avec d’autres manuscrits, après la mort du compositeur, d’où le numéro d’opus tardif. Le thème en si mineur, mélancolique, avance par petits soupirs et retombe sur des notes longues ; la valse le fait alterner avec des épisodes plus clairs, dont une partie en si majeur, plus apaisée, avant un dernier retour du thème.
La main gauche porte l’essentiel du travail : 180 sauts rapides, presque tous entre la basse du premier temps et l’accord des deux temps suivants. Vise d’abord le haut de l’accord avec le regard, puis laisse la main apprendre la distance seule. La basse doit sonner, les accords rester légers, sinon la valse devient une marche. L’indication Moderato est à prendre au mot : ne pousse pas le tempo, le charme vient du chant de la main droite et de ses notes tenues, qui demandent un vrai legato. Laisse un peu de liberté au thème, mais garde la main gauche à sa place.