Le morceau
C’est l’un des tout premiers nocturnes de Chopin, écrit bien avant ceux qu’il a publiés, et paru seulement en 1855 grâce à Julian Fontana, d’où sa place à la fin du catalogue. On y entend déjà la formule qu’il va développer : une mélodie lente, molto legato, posée sur de larges arpèges de la main gauche. La partition porte aussi une indication peu courante, aspiratamente, comme un chant qui reprend son souffle.
La main gauche fait près des deux tiers des notes, en triolets de croches qui s’ouvrent bien au-delà de l’octave : on compte 171 sauts rapides, tous à la main gauche. Travaille-la seule, la main souple, en laissant le bras glisser d’une position à l’autre. La vraie difficulté vient ensuite : pendant une vingtaine de temps, la main droite divise le temps en deux quand la gauche le divise en trois. La deuxième croche de la droite tombe alors entre la deuxième et la troisième note du triolet ; compte-le lentement avant de laisser la mélodie couler. Trilles et petites notes restent légers.