Le morceau
Ferdinand Hiller, pianiste et compositeur ami de Chopin à Paris, est le dédicataire des trois nocturnes de l’op. 15. Celui-ci, le troisième, s’ouvre sur des indications qui disent tout de son caractère : Lento, languido e rubato. Une mélodie à trois temps, un peu traînante, s’étire au-dessus d’une main gauche qui alterne accords et basses ; plus loin, une seconde partie marquée religioso change complètement de ton, en accords de choral sotto voce, et la pièce s’achève sur un accord de sol majeur. Le texte suit l’édition originale de Maurice Schlesinger.
Les accords forment plus d’un quart des attaques, et l’harmonie est chargée : un cinquième des notes portent une altération hors de l’armure, ce qui demande une lecture lente au début. Le rubato fait partie des indications elles-mêmes : laisse la main droite s’attarder ou presser, mais garde régulière la main gauche, qui saute sans cesse entre l’accord et la note grave. Dans le choral, lie les accords comme des voix, fais chanter celle du dessus et garde une sonorité retenue.