Le morceau
Les trois nocturnes de l’op. 9 sont dédiés à Marie Pleyel, pianiste et épouse du facteur de pianos Camille Pleyel. Le deuxième repose sur un balancement à 12/8 : à chaque temps, une basse puis deux accords à la main gauche, sous une mélodie qui revient plusieurs fois, chaque fois plus ornée. Vers la fin, Chopin écrit un passage senza tempo : un petit motif de quatre notes répété très vite dans l’aigu, fortissimo puis en s’éteignant, comme une cadence de cantatrice. On joue ici l’édition Schirmer de New York.
La main gauche compte 175 sauts rapides, de la basse grave vers les accords du médium. Ces accords restent très légers ; c’est la basse qui donne le balancement. Travaille ce geste seul jusqu’à retrouver les accords sans les regarder. Les ornements de la main droite (trilles, mordants, gruppetto, petites notes) suivent la mélodie et non la mesure : laisse-les s’étirer un peu, main gauche stable. Pour le passage senza tempo, joue d’abord le motif lentement en notes égales, puis accélère par paliers avant de le laisser ralentir et s’éteindre.