Le morceau
Le surnom de « Clair de lune » ne vient pas de Beethoven : il remonte au critique Ludwig Rellstab, qui associa le premier mouvement à un clair de lune sur le lac des Quatre-Cantons. Publiée en 1802 avec une autre sonate sous le même numéro, op. 27, l'œuvre porte le sous-titre quasi una fantasia et est dédiée à la comtesse Giulietta Guicciardi. Cette version facile, écrite pour Noctave d'après le début de ce mouvement, le transpose de do dièse mineur en la mineur.
Les triolets de croches, que l'original confie à la main droite, passent ici à la main gauche : mi-la-do, quatre fois par mesure, en 12/8. Ils doivent couler sans accent, comme un fond régulier. Seule au début, la gauche installe le tempo et les changements d'accord, avec un si bémol puis un sol dièse à repérer. Quand la main droite entre, elle répète un mi sur un rythme long-bref : place la brève exactement avec le dernier triolet du temps, sans la précipiter. Travailler d'abord la main gauche seule, en boucle, rend les triolets automatiques avant d'y poser le chant.