Le morceau
Beethoven a dédié la Sonate pathétique au prince Karl Lichnowsky, l’un de ses protecteurs à Vienne. Entre deux mouvements rapides en do mineur, cet Adagio cantabile est un rondo apaisé : le thème est d’abord exposé dans le médium, puis repris une octave plus haut, et revient deux fois encore, séparé par deux épisodes. Le second, en la bémol mineur, se fait plus inquiet, avec des accords répétés en triolets qui pressent la pulsation. La dernière reprise du thème garde ce mouvement de triolets dans l’accompagnement.
Dès la première mesure, la main droite fait deux choses à la fois : elle chante la mélodie avec les doigts extérieurs et joue, avec le pouce, un accompagnement en doubles croches. Tout le mouvement repose là-dessus : la mélodie au-dessus, l’accompagnement en dessous, dans la même main. Le tempo est lent, 30 ici, ce qui demande de tenir les notes longues du chant et de les relier sans trou. Une note sur cinq porte une altération en plus des quatre bémols de l’armure. Les octaves, réparties entre les deux mains, restent rondes, jamais dures.