Le morceau
Beethoven ne l’a pas publiée : la pièce n’a paru qu’en 1867, quarante ans après sa mort, grâce au musicologue Ludwig Nohl, qui l’avait copiée d’après un manuscrit aujourd’hui perdu. C’est un petit rondo, ici complet : le thème en la mineur s’entend trois fois, et deux épisodes s’intercalent entre ses retours. Le premier, en fa majeur, chante davantage et se termine par un trait rapide ; le second, plus sombre, avance sur une basse de la répétée, puis s’élève en arpèges brisés avant de retomber en gamme chromatique vers le thème.
Le motif d’ouverture, mi et ré dièse alternés, reste pianissimo et souple, jamais martelé. Ensuite, les arpèges passent d’une main à l’autre : la main gauche lance l’accord, la main droite le continue. Écoute-les comme une seule ligne, sans trou ni accent au moment du relais. Une cinquantaine de déplacements rapides, surtout à gauche, demandent d’anticiper : prépare chacun pendant la note qui précède. Dans l’épisode sombre, garde les la répétés de la basse réguliers et légers, sans laisser le poignet se crisper.