Le morceau
Ce chant du XVIIIe siècle est un canon : plusieurs voix entonnent la même mélodie à tour de rôle, avec deux mesures de décalage, et l'ensemble s'accorde. Gustav Mahler l'a transformée en marche funèbre, en mode mineur, dans le troisième mouvement de sa Première Symphonie. Ici, l'air descend à la main gauche, et la main droite se contente d'une ronde par mesure.
Chaque formule est dite deux fois, ce qui laisse à la main gauche le temps de s'installer. « Frère Jacques » tourne sur do-ré-mi ; « Dormez-vous » monte jusqu'au sol, tenu deux temps. Vient ensuite le seul passage en croches, sol-la-sol-fa, sur « Sonnez les matines » : garde les doigts près des touches et ne raccourcis pas le mi et le do qui suivent en noires. Pour « Ding, dang, dong », la main quitte sa position, descend au sol grave et remonte au do : prépare ce mouvement de quarte en regardant la portée de fa plutôt que le clavier. Pendant ce temps, la main droite tient mi, sol ou do toute la mesure.