Le morceau
Ständchen (« Sérénade ») fait partie du Schwanengesang, ensemble de mélodies que Schubert écrit en 1828, l'année de sa mort, et que son éditeur publie ensuite sous ce titre ; le poème est de Ludwig Rellstab. Liszt transcrit ces mélodies pour piano seul à la fin des années 1830. Il conserve le chant et l'accompagnement pincé, puis enrichit chaque couplet : la mélodie descend dans le grave, quasi violoncello, revient ensuite en écho une octave plus haut, avant un passage con agitazione.
Le défi principal est d'entendre deux plans à la fois. La mélodie avance en triolets tandis que l'accompagnement reste en croches régulières : sur 51 temps, les deux rythmes se superposent, et le chant ne doit jamais se caler sur la basse. Quand la mélodie passe dans le registre du violoncelle, elle se retrouve entourée d'accords : fais-la ressortir par le poids du bras, sans durcir le son. Les 16 accords arpégés comme les 26 petites notes doivent rester dans le souffle de la phrase. Liszt demande la pédale à chaque mesure : change-la proprement pour garder les harmonies claires.