Le morceau
Des quatre impromptus D. 899, seuls les deux premiers ont paru du vivant de Schubert ; les deux autres n’ont été publiés qu’en 1857, et celui-ci a longtemps circulé transposé en sol majeur, avec une mesure divisée par deux. La partition suivie ici revient au sol bémol majeur et à la mesure à 4/2 de l’autographe. Une seule texture tient toute la pièce : une mélodie longue, en valeurs lentes, au-dessus d’un flot continu de croches en arpèges et d’une basse grave.
La particularité de l’écriture est que la main droite joue à la fois la mélodie et l’accompagnement en arpèges : ses 215 sauts viennent de là. Fais chanter la mélodie avec les doigts extérieurs, en lui donnant plus de poids, et garde les arpèges du pouce et des doigts du milieu pianissimo, réguliers comme un murmure. Certains accords, dix en tout, s’écartent jusqu’à 17 demi-tons : arpège vite ceux que ta main ne couvre pas. Les six bémols de l’armure ralentissent la lecture au début. Enfin, laisse la pédale suivre l’harmonie, sans jamais presser le tempo.