Le morceau
Le troisième nocturne de l'opus 9 a l'allure d'un scherzo : Allegretto, noté scherzando, il avance à 6/8 avec une légèreté de danse. Le contraste vient au centre, où la mesure passe à quatre temps et la tonalité à si mineur pour un long épisode Agitato, sempre legato, presque orageux. Le premier thème revient ensuite, et la pièce se termine par un passage senza tempo suivi de quelques mesures Adagio. Le texte suit l'édition G. Schirmer de 1915.
La main gauche porte un accompagnement en sauts, basse puis accord, avec 233 écarts d'une octave ou plus dans un tempo léger. Elle doit rester discrète pour laisser la main droite jouer scherzando, avec des notes détachées et des appuis souples. Dans la section Agitato, le rapport s'inverse : la ligne devient continue et chargée, et il faut tenir le legato sur toute la section sans durcir. Les cinq dièses de l'armure, auxquels s'ajoutent les altérations de l'épisode en si mineur, rendent la lecture exigeante : déchiffre lentement les harmonies de la partie centrale avant d'y mettre du mouvement. Plus de cinq minutes de jeu demandent aussi de répartir l'énergie.