Le morceau
Dernière des douze études de l'opus 10, publiées en 1833 avec une dédicace à Franz Liszt, cette pièce doit son surnom de « Révolutionnaire » à la postérité, pas à Chopin. Son principe : la main gauche dévale le clavier en doubles croches, legatissimo, pendant que la main droite lance un thème en octaves et en accords, con fuoco. Le texte suit l'édition Peters revue par Herrmann Scholtz, vérifiée contre la première édition parisienne de Schlesinger.
Plus des deux tiers des notes sont à la main gauche, à près de onze attaques par seconde : c'est avant tout une étude pour la main gauche. Ses traits montent et descendent sur une large étendue, avec de nombreux passages du pouce ; règle le doigté une fois pour toutes et ne le modifie plus. Travaille-la seule, d'abord lentement, en cherchant un son égal et lié plutôt que la puissance. La main droite a ses propres exigences : 185 octaves et des accords qu'il faut lancer d'un bloc, en rythme pointé, sans monter l'épaule. Une fois les mains réunies, laisse la gauche mener : elle est le moteur du morceau.