Le morceau
Dans cette étude Presto, con fuoco, les doubles croches ne s'arrêtent jamais, mais elles changent de main : un trait commence à droite, passe à gauche, revient, pendant que l'autre main ponctue d'accords secs. Vers la fin, Chopin demande con più fuoco possibile, « avec le plus de feu possible ». Le texte suit la première édition parisienne de Maurice Schlesinger, parue en 1833 et saisie par l'Institut Frédéric Chopin.
Les deux mains vont presque aussi vite l'une que l'autre : près de 12 attaques par seconde à droite, près de 11 à gauche. Le travail consiste donc à les rendre égales, en particulier les quatrième et cinquième doigts, que les traits sollicitent sans relâche. Apprends chaque main seule, à tempo réduit, jusqu'à ce que les doigtés ne bougent plus. Soigne ensuite les relais : quand le trait passe d'une main à l'autre, on ne doit pas entendre la couture, ni de trou ni d'accent. Quelques accords d'accompagnement dépassent l'octave (jusqu'à 16 demi-tons), et les traits vont chercher les deux extrémités du clavier, du do dièse grave au mi aigu, ce qui impose de grands déplacements à pleine vitesse.