Le morceau
La gracieuse repose tout entière sur un ornement, le gruppetto, écrit ici en toutes notes : une croche suivie de quatre triples croches qui tournent autour d'elle avant de rebondir vers la note suivante. Burgmüller, qui écrivit aussi pour la scène, notamment le ballet La Péri en 1843, fait grimper ce motif de proche en proche jusqu'à un fa suraigu. Dans la partie centrale, il le confie à la main gauche, sous des accords piqués de la main droite.
La main droite tourne à environ six notes et demie par seconde et monte jusqu'à sept et demie dans les gruppettos. Le secret est de ne pas les précipiter : les quatre triples croches doivent tourner rond, sans s'écraser sur la croche suivante. Choisis un doigté pour ce motif et garde-le à chaque retour. L'étendue est large, cinq octaves, du fa grave au fa suraigu : regarde le clavier avant chaque montée pour ne pas perdre le fil. Quand la main gauche reprend la figure, travaille-la seule, puis ajoute les accords de la droite, plus légers, en laissant la gauche mener.