Le morceau
Tchaïkovski a dédié son Album pour enfants, op. 39, à son neveu Vladimir Davydov. Au milieu des scènes de la vie d'un enfant, il y glisse un petit tour d'Europe en chansons : une chanson italienne, une allemande, une napolitaine et cette vieille chanson française en sol mineur. La mélodie, simple et un peu mélancolique, se déroule au-dessus d'une basse qui tient la même note pendant plusieurs mesures.
La mélodie doit être parfaitement liée, sur deux temps calmes (Moderato assai). Le défi vient de la main gauche, qui joue deux rôles à la fois : elle tient un sol grave lié d'une mesure à l'autre et fait bouger au-dessus une seconde voix. Tiens ce sol avec le doigt, et non seulement avec la pédale, pour que la voix intérieure reste nette. Dans la partie centrale, l'accompagnement change de nature et devient une suite d'arpèges piqués en croches qui montent du grave ; ils restent discrets sous le chant. Le tempo modéré n'est pas un piège en soi : tout se joue dans l'égalité de la mélodie et la tenue des basses.