Le morceau
Les Scènes d’enfants (Kinderszenen), op. 15, réunissent treize pièces brèves, et Träumerei est la septième. Tout naît d’un seul geste : une levée sur do, puis une mélodie qui monte en arpège jusqu’au fa aigu avant de redescendre doucement. Schumann reprend ce dessin presque à chaque mesure, mais l’harmonie change dessous, et c’est elle qui fait voyager la rêverie. L’écriture est à quatre voix, comme un petit chœur : sous le chant, des voix intérieures l’imitent, se croisent et passent d’une portée à l’autre.
Le texte paraît simple ; la difficulté est de tenir une note pendant que la même main conduit une autre voix. Repère sur la partition qui chante à chaque instant, et laisse le reste en retrait. Les petites notes, pour la plupart à la main gauche, égrènent un accord avant le temps : commence-les assez tôt pour que la basse tombe avec la mélodie. Change la pédale à chaque basse, sinon les voix intérieures se brouillent. Quant aux points d’orgue, laisse le son respirer avant de reprendre la phrase.