Le morceau
Le mot gymnopédie renvoie à une fête de la Grèce antique où de jeunes gens dansaient nus ; Satie en a fait le titre de trois pièces pour piano. La première porte l'indication Lent et douloureux. Quatre mesures d'introduction balancent deux accords, sol majeur avec septième majeure puis ré majeur avec septième majeure, avant qu'une mélodie très simple ne s'installe au-dessus. Debussy a plus tard orchestré la première et la troisième Gymnopédie.
La main gauche fait presque tout : une basse sur le premier temps, puis un accord sur le deuxième, tenu jusqu'au bout de la mesure. Le trajet entre les deux est large mais lent ; ne le précipite pas, c'est lui qui donne au morceau son balancement. Dans la partie centrale, certains accords de la main gauche dépassent l'octave, jusqu'à quinze demi-tons : si ta main ne les couvre pas, arpège-les très vite du grave vers l'aigu. La pédale, changée à chaque basse, relie le tout ; la mélodie reste pianissimo, sans accent. Le vrai travail est de durée : un peu plus de trois minutes à tenir le même calme.