Le morceau
Au troisième acte de l'opéra Le Conte du tsar Saltane, créé en 1900, le prince Gvidon est changé en bourdon par la princesse-cygne ; un interlude d'orchestre décrit son vol. Ce que tu joues ici est une réduction pour piano de cet interlude, et non l'un des arrangements de concert, comme ceux de Rachmaninov ou de Cziffra. La reprise des mesures 75 à 85, absente de la transcription de départ, a été rétablie d'après la partition chant-piano publiée par Bessel.
Tout le morceau est un mouvement perpétuel de doubles croches chromatiques, presque entièrement à la main droite, à près de dix notes par seconde. Le chromatisme est la clé : sans armure, près d'un tiers des notes portent pourtant une altération. Adopte le doigté chromatique classique, majeur sur les touches noires et pouce sur les blanches, et ne le change plus : à cette vitesse, les doigts doivent connaître le chemin par cœur. La main gauche joue surtout des accords brefs et détachés, qui doivent tomber pile sans freiner la droite ; quelques-uns dépassent l'octave. Vers le milieu, la ligne chromatique descend dans la portée inférieure, où la partition indique quelle main la prend : soigne ce relais.