Le morceau
Ce qui distingue ce nocturne, le second de l’op. 55, c’est son écriture à deux voix : au-dessus d’une main gauche en croches qui ondule à 12/8, la main droite fait dialoguer une mélodie principale et une seconde voix qui lui répond ou l’accompagne. Ni changement d’armure ni changement de tempo : la pièce garde d’un bout à l’autre son indication Lento sostenuto, sempre legato. Le texte provient de l’impression originale parue à Paris.
Le travail principal est celui d’un organiste : faire tenir deux voix dans la même main droite, chacune avec son legato, sa nuance et sa respiration. Commence par jouer chaque voix seule, avec les doigtés que tu utiliseras ensemble, puis réunis-les. Sous ce duo, plus de cent sauts mènent la main gauche de la basse grave vers des notes plus hautes : garde un mouvement circulaire et souple, et une pédale changée à chaque basse. Les trilles et les petites notes de la mélodie se fondent dans le legato, sans s’isoler. Sur plus de cinq minutes de jeu, garde une sonorité retenue pour que les quelques crescendos aient de la place.