Le morceau
Ce prélude ouvre le premier livre du Clavier bien tempéré (1722). Il ne développe qu'un seul geste : chaque mesure fait entendre un accord, égrené deux fois selon le même dessin. Vers la fin, une longue pédale de sol à la basse prépare le retour à do, puis une pédale de do conclut. Charles Gounod y superposa plus tard une mélodie, devenue l'Ave Maria dit de Bach-Gounod.
La main droite égrène trois notes montantes, deux fois par demi-mesure, pendant que la main gauche joue une basse puis une seconde note une double croche plus tard, toutes deux tenues. Ce décalage est le point délicat : la gauche doit enfoncer sa seconde note sans relâcher la basse, et la droite partir juste après. Avec environ 3,5 notes par seconde à la droite, à 66 à la noire, tout se joue sur l'égalité. Pour apprendre à lire ces accords plutôt que des notes isolées, l'estompage des notes aide à passer peu à peu du keyfall à la partition, où chaque mesure devient un accord à reconnaître d'un coup d'œil.