Le morceau
Troisième des quatre mouvements de la Suite bergamasque, entre un Menuet et un Passepied, cette pièce a été commencée vers 1890, mais Debussy ne l’a publiée qu’en 1905, chez Fromont ; c’est cette édition que suit la partition. Elle s’ouvre pianissimo, con sordina, sur des tierces qui commencent après le temps, si bien que la mesure à 9/8 se laisse à peine deviner. Une partie centrale plus animée fait couler des arpèges entre les deux mains, puis le calme du début revient, jusqu’au morendo final.
Le premier défi est le pianissimo : des accords de deux ou trois notes, joués très doucement mais ensemble, avec la note du dessus un peu plus présente. Garde le poids du bras léger et les doigts proches des touches. Dans la partie centrale, les arpèges commencent à la main gauche et finissent à la main droite : ils doivent sonner comme une seule vague. Les résonances du grave et de l’aigu se mêlent vite : change souvent la pédale pour garder le son clair.